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La durabilité dans les villes phares 

San Francisco
La durabilité dans les villes phares 
Michele Bartolini
July 31 2017

La durabilité dans les villes phares 

Alors que plus de 80 pour cent de la population nord-américaine vit en milieu urbain, les interventions des municipalités, des résidents et des entreprises s’avèrent cruciales pour réaliser des avancées en matière de durabilité. Nous avons retenu quatre exemples d’initiatives stimulantes qui font évoluer les villes dans la bonne direction. Elles sont à l’image des valeurs qui impulsent nos pratiques de fabrication durable — de la réduction des gaz à effet de serre, à la conservation de l’eau, en passant par la prise en compte de l’analyse du cycle de vie pour comprendre l’impact environnemental de nos produits.

Recyclage : San Francisco considère que c’est une bonne chose pour l’environnement comme pour l’économie

En tant que fabricant de papier à contenu recyclé post-consommation, Rolland utilise beaucoup de matériaux recyclés et, par conséquent, nous accordons une attention particulière aux tendances et aux porte-drapeaux de ce domaine. San Francisco recycle et composte 80 pour cent des déchets urbains solides. Aucune ville de plus de 100 000 habitants en Amérique du Nord ne dépasse ce taux.

Pour leur part, les États-Unis recyclent et compostent 35 pour cent des déchets urbains solides. En 2014, selon l’Environmental Protection Agency, cela représentait 89 millions de tonnes et une réduction des émissions de dioxyde de carbone équivalant aux émissions annuelles de plus de 38 millions de véhicules.

San Francisco se propose de devenir une ville sans déchets urbains d’ici 2020. Le simple fait de mettre les déchets dans les bonnes poubelles équivaudrait à un taux de recyclage et de compostage de 90 pour cent  — ce qui démontre à quel point les gestes quotidiens les plus simples peuvent changer le monde.

Le maire de la ville, Edwin M. Lee, fait remarquer que le recyclage crée dix fois plus d’emplois que les sites d’enfouissement, un bon point pour l’économie. Le programme Zéro Déchet se finance d’ailleurs uniquement grâce aux revenus d’enfouissement payés par les clients, ce qui conforte San Francisco dans sa démarche pragmatique.

Changement climatique : Vancouver se mobilise en faveur de l’énergie renouvelable à 100 pour cent d’ici 2050

Vancouver a été la première grande ville d’Amérique du Nord à adopter une stratégie d’énergie renouvelable à 100 pour cent en 2015, alors que l’énergie utilisée par la ville était déjà renouvelable à 30 pour cent. Selon le maire, Gregor Robertson, l’élimination des combustibles fossiles ferait de Vancouver une ville plus propre, plus saine et plus résiliente. 

La décharge de Vancouver constitue une source d’énergie renouvelable. Plus de 70 pour cent du méthane — un biogaz — récupéré à partir de la décomposition de déchets sert au chauffage et à la production d’électricité, réduisant ainsi les émissions de gaz à effet de serre (GES).

Une analyse des pratiques vertes, réalisée par l’Economist Intelligence Unit grâce à un financement de Siemens, a démontré que Vancouver compte les plus faibles émissions de CO2 par habitant parmi 27 villes d’Amérique du Nord. Toutefois, la municipalité ne compte pas en rester là. D’ici 2020, elle se propose de réduire les émissions de GES dans l’agglomération de 33 pour cent par rapport à 2007.

Pour que la ville atteigne cette cible, les petits gestes quotidiens de chaque citoyen comptent. La marche, le vélo et les transports en commun — des modes de déplacements respectueux de l’environnement — représentent la moitié de tous les trajets à Vancouver. En effet, une grande partie du service de transport en commun de la ville fonctionne à l’électricité renouvelable. 

Conservation de l’eau : San Antonio a pratiquement réduit de moitié sa consommation d’eau depuis les années 1980

La consommation d’eau constitue une préoccupation importante pour Rolland. Nous avons donc été impressionnés par les efforts et l’attitude de la municipalité de San Antonio. Dans un milieu où la température moyenne durant l’été tourne autour de 35 degrés Celsius, « la source d’eau la moins dispendieuse est la conservation- l’eau qui n’est pas utilisée ». 

Le San Antonio Water System (SAWS), un système d’aqueduc qui dessert 1,8 million de personnes dans cette ville du sud-ouest du Texas, gère le plus grand réseau d’eau directement recyclée aux États-Unis. Parmi les nombreux investissements récents du SAWS, on distingue le bien nommé H2Oaks Center qui dessale l’eau saumâtre pour alimenter en eau potable 53 000 foyers.

Le programme très élaboré de conservation de l’eau urbaine à San Antonio comprend un volet diffusion incluant des consultations gratuites, des restrictions en période de sécheresse, des mesures incitatives et des remises. Les coupons WaterSaver en constituent un exemple : les résidents reçoivent un dédommagement pour remplacer leurs pelouses par des patios ou des plantes requérant peu d’arrosage.

La technologie et les comportements axés sur la conservation sont parvenus conjointement à faire passer la consommation journalière d’eau de 225 gallons par habitant en 1982 à 117 en 2016 — une réduction de pratiquement 50 pour cent. San Antonio cherche encore à s’améliorer, tout comme San Francisco en matière de recyclage et Vancouver en ce qui concerne les émissions de GES. 

L’objectif est de réduire la consommation d’eau quotidienne de 88 gallons par habitant. Il s’agit d’un niveau similaire à celui d’une ville densément peuplée comme San Francisco, dont la superficie est de 120 kilomètres carrés alors que le SAWS dessert 2 500 kilomètres carrés. En parlant d’objectifs ambitieux…

Investir dans la durabilité : infrastructure, leadership et fabrication à Détroit

Détroit a récemment réalisé des investissements majeurs en infrastructure, dont le tramway Qline et l’installation de lampadaires à DEL partout dans la ville. Le Detroit 2030 District, lancé en juin, mérite un suivi : ce partenariat entre le secteur privé et la société civile vise à réduire la consommation d’énergie, d’eau ainsi que les émissions de GES des véhicules.

La municipalité de Détroit veut également jouer un rôle moteur, en créant un bureau de la durabilité pour piloter les initiatives visant à améliorer le bien-être environnemental et social des résidents et des entreprises.

Ford compte parmi les nombreuses entreprises de l’aire métropolitaine de Détroit à investir dans les initiatives en matière de durabilité. En 2016, l’entreprise a lancé la Ford Smart Mobility LLC pour répondre aux grands défis que pose le transport urbain, entre autres, la forte croissance démographique et la congestion, la qualité de l’air et la santé publique, les changements climatiques et les ressources limitées. L’entreprise s’interroge : « Comment les gens peuvent-ils se déplacer facilement tout en minimisant leur impact sur l’environnement? »

L’industrie automobile revient de loin. En Amérique du Nord, les véhicules comprennent en général jusqu’à 25 pour cent de leur poids en matériaux recyclés post-consommation. Outre l’acier et l’aluminium recyclés, Ford utilise des déchets post-consommation (p. ex. des plastiques, du nylon ou des pneus) dans une longue liste de pièces automobiles. Les matières renouvelables — le soja, le coton, le bois et même le lin — servent à fabriquer des sièges, des conduites de carburant et des joints d’étanchéité.

Tout comme Rolland se base sur l’analyse du cycle de vie (ACV) pour mesurer les efforts de durabilité dans son processus de fabrication du papier, Ford s’ingénie à cerner les impacts environnementaux de ses véhicules, allant de l’extraction des ressources jusqu’à la fin du cycle de vie. L’ACV prend en compte les matériaux, l’énergie et les émissions afin d’adopter des décisions qui concilient les considérations environnementales et les coûts.